Silence, je m'exprime!-Manifeste II , 2019

 

Performance, Paris 

 

A la suite d’une de mes performances qui fut coupée en plein milieu par l’organisation d’un centre d’art promouvant la performance car la chanson utilisée était dans la langue kabyle, je décidai d’écrire un deuxième manifeste (le premier étant Pour l'amour de l'art) à la liberté d’expression des artistes.

EE9443C3-EFB5-449E-9F5B-32EE0773D37D.jpg
9DF11828-A405-45E1-AB31-6168B54A3E9E.jpeg
060B22EA-4EFB-4AE0-A1C0-B8AAECFF234F.jpeg
Silence, je m'exprime ! / Manifeste II - Laura Ben Ami
00:00 / 00:00

Silence, je m’exprime! - Manifeste II

Silence, je m’exprime!

Ecoutez-moi!


Tout est art et tout est partage.
Si le processus culturel est l’acte de produire un objet en fonction d’une situation, d’un environnement ou de moyens donnés, il rend compte de particularités propres. Ce processus possède donc une signification, une symbolique singulières à chaque artiste, n’est-ce pas? L’artiste ayant une idée précise sur ce qui doit être fait et comment, il peut donc en être amené à penser que les autres possèdent les mêmes valeurs concernant le comment faire et le comment penser. L’art serait donc un système cohérent, systémique, logique, capable de fonctionner réellement, physiquement et conceptuellement de manière harmonieuse. 

La culture est de fait structurelle et encadre les actions qu’elles soient collectives ou individuelles. Et les actions dites individuelles peuvent aussi être considérées comme collectives car issues d’idées partagées, échangées et diffusées. En interagissant ensemble, les artistes échangent des informations, mettent en liaison leurs savoirs et les mettent en commun. Pour citer H.S Becker: « la culture est donc toujours en cours d’élaboration, toujours plus ou moins en train de changer et sert de point de référence pour ceux qui sont pris dans des relations interactives ». Il en va donc d’une forme tacite de collaboration qui permet de poser les fondements d’une mutualisation et d’une organisation de la pensée au sein du secteur artistique. Cependant, cette socialisation inter-artistes de l’art pose la question de la coopération et de l’entente. Ce réseau de personnes acceptant de travailler ensemble est toute fois régit par des attentes mutuelles qui sont alimentées en termes de milieu social, d’éducation, de vocabulaire, d’expériences, de volonté et d’objectifs. 

Il y a donc non pas un mais de nombreux mondes artistiques contemporains qui existent de façon parallèle. Ils s’entremêlent  parfois et expriment alors une décision d’adaptation de la part des acteurs par le biais d’objets convenus et compris par tous. Ils s’entrechoquent d’autres fois car l’appréhension des sujets de réflexion ou de la manière dont doit être faite l’oeuvre ne s’établit pas. S’opère alors une crise du consensus. 

C’est pourquoi tous les artistes ne peuvent et ne doivent pas travailler ensemble! Et que j’invite les artistes à ne pas accepter les contraintes des autres et de se museler! Demandez le silence et exprimez-vous! Pour information, l’artiste que je suis n’acceptera plus de collaborer à des oeuvres contraires à ses valeurs, contraires à ses centres d’intérêt ou contraires à ses ambitions. Vous pourrez donc vous rapprocher d’autres artistes plus malléables et plus prompts à s’adapter à vos réflexions. 

Alors si vous voulez vraiment vous exprimer, osez dire: Silence, je m’exprime! Silence je m’exprime! Silence je m’exprime!

 

                                                                                Laura Ben Ami 

0B4259F8-BD4C-4230-B3BD-F77CCDC7321D.jpeg